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Le Mémorial National des Marins Morts pour la France

et

l'Association "Aux Marins"

110604-Cérémonie annuelle du souvenir (02)    

Consulter le dépliant :

Flyer Flyer

Les marins ne meurent pas (extrait)

Les marins ne meurent pas.
Chanson composée par Freddie Breizirland' pour l'association "Aux Marins".
Nous vous proposons d'en décourir un extrait :

L'âme des marins : l'hymne de l'association

Extraits du Livre d'Or

01-couverture copie(02)Parmi les 100 000 visiteurs annuels qui entrent au cénotaphe, partie intégrante du Mémorial National des marins morts pour la France de la Pointe Saint Mathieu, un certain nombre d'entre eux écrivent quelques mots dans le livre d'or. C'est toujours pour marquer leur intérêt pour ce qu'il ont découvert ou pour témoigner de leur émotion devant ces visages de marins.

Nous avons voulu, à travers un diaporama, vous amener sur les chemins de la Pointe Saint Mathieu jusqu'au Mémorial et, avec quelques extraits du Livre d'Or, vous faire découvrir le cénotaphe et son ambiance si particulière.

Voir la vidéo :

Cénotaphe - extraits du livre d'or - 2009

cérémonies 2012

Calendrier des manifestations 

organisées en 2012 au

Mémorial National

des Marins Morts pour la France :

110604-Cérémonie annuelle 2011(247) 

Consulter : Les rendez-vous en 2012

 

 

Jeudi 7 février 2013 4 07 /02 /Fév /2013 14:14

 Le samedi 8 septembre 2012


La ville de Cancale en Ille-et-Vilaine a célébré le 400ème anniversaire de la fondation par  Daniel de la Touche de la Ravardière de la ville de  Sao Luis, ville brésiliennede la province du Maranhão  qui compte aujourd’hui près d’un million d’âmes. De nombreuses manifestations culturelles et artistiques furent organisées et le point d’orgue de la commémoration a été l’inauguration du buste du navigateur  (œuvre de l’artiste local Patrick Abraham)  par le chef cancalais Olivier Roellinger et  Madame Marie Soubigou, épouse du Consul honoraire du Brésil pour la Bretagne... Des descendants du navigateur participaient à cette célébration.

A quelques heures près, une délégation Cancalaise (et Malouine) était reçue en grande pompe à Sao Luis, où le souvenir d’une conquête humaine et respectueuse des populations par le navigateur français a été transmis de génération en génération.

A la fin de son concert, la belle et talentueuse artiste brésilienne Aline de Lima, originaire de la province de Maranhão, s’est adressée à ses admirateurs :

«
Des deux côtés de l’Atlantique, nous sommes les mêmes personnes, nous avons la même culture, même si nous ne parlons pas la même langue. Merci à vous, Cancalais d’avoir cet esprit d’ouverture et d’entreprise. Je suis le fruit de vos rêves ! »

Il n’en fallait pas plus aux cancalais pour être conquis à leur tour. Ce soir-là, ils étaient tous « breizh’iliens ». 

 

             cancale2   Buste de La Touche à Sâo Luis

                                  Buste à Cancale                           Buste à Sâo Luis


 Daniel de la Touche, sieur de la Ravardière

Originaire du Poitou où il est né vers 1570, il épouse en 1589 Charlotte de Montgomery,  une veuve, fille d’un noble protestant normand. Douairière du Plessix Bertrand, elle réside à Saint Coulomb (entre Cancale et Saint-Malo). Ravardière est un farouche défenseur de la Réforme. Il participe, à l’appel de son beau-frère, à plusieurs actions armées contre la Ligue en Normandie.  Il attaque en particulier un château près de Saint James et mène un assaut sur le mont Saint Michel.

Puis le couple s’installe à Cancale, au port de la Houle .

Expédition en Guyane

En cette période où des terres nouvelles sont explorées et conquises de l’autre côté de l’Atlantique, de la Ravardière, avec le soutien du roi Henri IV, arme un navire et part de Cancale en 1604, accompagné par un jeune apothicaire, Jean Mocquet, pour une première expédition en Guyane. Il  explore la rivière Oyapock et établit des contacts  avec les tribus qui s’y trouvent. Il ramène même un jeune indien pour le présenter à la cour.

La « France équinoxiale »

Daniel de la Touche, que le roi vient de nommer « lieutenant général de toutes les terres comprises entre l’Amazone et l’Orénoque », rencontre Charles d’Estenou, sieur des Vaux,  qui a déjà établi de nombreux contacts avec les tupinambas sur l’île de Maragnan où quelques français commercent avec les tribus locales. Le cancalais monte une seconde expédition à destination du Brésil, convaincu de pouvoir fonder une terre française, la « France équinoxiale ». Il arme deux navires, l’Esprit et le Choisy. Il appareille de Cancale en juillet 1609 et atteint l’ile de Maragnan en septembre. Les contacts avec les autochtones sont amicaux et laissent augurer de bonnes relations avec les futurs colons.

Après avoir pris de nombreux contacts avec les populations locales, bâti plusieurs habitations, La Ravardière ordonne l’appareillage du retour vers la France fin mars en laissant derrière lui quelques colons.

Le 22 mai 1610, les français atteignent Cancale où ils apprennent que le bon roi Henry, leur protecteur, a été assassiné.

Daniel de la Touche sent que son projet de fonder une colonie forte à l’issue d’une autre expédition significative est fragile, car si Marie de Médicis reconduit la Ravardière dans sa charge elle ne soutient pas financièrement ses projets. Incapable d’assumer seul une telle entreprise, Daniel de la Touche se tourne alors vers plusieurs mécènes. Ces rencontres aboutissent à une association avec  François de Razilly et Nicolas de Harlay.

Fin mars 1612, les préparatifs sont terminés et pour les équipages il fallait encore procéder au rituel de la bénédiction de cette entreprise. Mais l’évêque de Saint Malo ne daigne pas descendre à la Houle pour bénir les navires du huguenot. La célébration se fait sur les hauteurs, devant l’église où quatre croix destinées à l’évangélisation des indiens sont bénies. Après le départ de l’évêque, ce sont les quatre moines capucins, imposés par la Reine, qui bénissent les trois navires.

Tout ceci laisse un goût amer  aux réformés et aux partisans d’une bonne entente entre catholiques et huguenots.

L’île de Maragnan

Enfin, le 19 mars 1612 au petit matin, le "Régent", la "Charlotte" et la "Sainte-Anne" lèvent les voiles. Ces navires emportent dans leurs flancs des centaines d’artisans, éleveurs et agriculteurs. L’île de Maragnan est atteinte le 26 juillet suivant. Quelques jours plus tard, les colons commencent à édifier au sommet d’une éminence le fort Saint-Louis en hommage au jeune Louis XIII. La colonie se répartit sur l'île en une vingtaine de hameaux. 

 Carte Sâo Luis Mod

Les Portugais voient d'un mauvais oeil cette implantation française. Philippe III d’Espagne fait fi des lettres patentes délivrées par le roi de France et décide de chasser les colons. Jeronimo de Albuquerque et Campos Moreno sont chargés par le gouverneur du Brésil de mettre fin à la présence française.


En décembre 1612, laissant de la Ravardière sur l’île de Maragnan, le "Régent" appareille pour la France avec à son bord le sieur de Rasilly, accompagné de six tupinambas. Sa mission est de convaincre la cour d’envoyer des renforts pour consolider la colonie française qui subit des assauts répétés de la part des portugais. Mais souhaitant un rapprochement avec l’Espagne, Marie de Médicis ne lève pas le petit doigt.

Le sieur de Rasilly revient au Maragnan à bord du "Régent" en juin 1614.

En novembre 1614, sûr de sa supériorité navale et terrestre, à la tête de troupes remplies d’assurance, de la Ravardière décide d’attaquer une base portugaise proche qui était la plus grande menace pour les français. Pour le cancalais, la victoire est inéluctable mais, trop confiant, il lance ses troupes qui essuient un cuisant échec devant un ennemi  bien moins nombreux mais très bien préparé. La stratégie de Daniel de la Touche est désastreuse.

Le 19 novembre 1614, la défaite de Guaxenduba sonne la fin du rêve de  la « France Equinoxiale ». La capitulation des Français est signée un an plus tard.

En 1616, Daniel de la Touche, sieur de la Ravardière est retenu à Lisbonne pendant deux années. Les portugais se méfient de lui et lui prêtent -à raison- des velléités de reconquête sur les terres portugaises de l’autre côté de l’Atlantique. En 1619, il est même interné à la Tour de Bélem pour être enfin libéré en 1620 après intervention du roi de France. 

      .cancale1

Article rédigé par par Roland Offerlé, Compagnon de l'Ordre National du Mérite et délégué de l'association Aux Marins pour le département de l'Ille-et-Vilaine 

Sources :

Thierry Huck, historien, Cancale
Alain Roman « Malouins et Cancalais à la conquête du Brésil (Cristel 2010)
Le Ruban Bleu 2012 N° 31 décembre 2012 de la section Ille-et-Vilaine de l'Ordre national du mérite- www.anmonm35.fr

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Lundi 28 janvier 2013 1 28 /01 /Jan /2013 14:29

 Les familles de Paul Le Brun et de Charles Fenoulière  ont dévoilé le 10 Juillet 2011 la photographie de leurs chers disparus au cénotaphe, partie intégrante  du mémorial national des marins morts pour la France, au cours d'un temps de recueillement  organisé par l'association Aux Marins.

 

110710 (023)

 

 

Paul Le Brun et Charles Fenoulière étaient cousins.

 

         Le brun Paul Auguste 13x18 F12x17       Fenoulière Charles Pierre 10x13 F10x13

                    Paul Auguste  Le Brun                        Charles Pierre Fenoulière           

 

Voir leurs biographies sur notre site : www.auxmarins.net  


 

Le parcours de vie et les circonstances de la disparition de Paul Le Brun ont été rappelés par Thadée Basiorek bénévole de l'association Aux Marins 

 

110710 (012)

  

"Paul  est né le 18 septembre 1918 à Tréguier dans les Côtes d’Armor. Il était le fils  de  Paul Le Brun, ingénieur des directions de travaux et de Gabrielle Sévenou.  La famille s’agrandira  au fil des ans avec les venues de Germaine, Michel et Jacqueline.

C’est à Cherbourg qu’il passe son enfance. Il commence une activité d’ajusteur tourneur jusqu'au  1 septembre 1938, date à laquelle il est appelé pour effectuer son service militaire.

Il est désigné en tant que matelot mécanicien  sur le torpilleur "Siroco",  affectation qu’il rejoint le 15 septembre 1938.

Le 30 mai 1940, c’est dans la tourmente de l’évacuation des troupes allées et françaises de la poche de Dunkerque, que le "Siroco" est d’abord torpillé puis bombardé par l’ennemi entre la sortie du port et Douvres.

Paul Le Brun disparaît tragiquement lors du chavirage du batîment qui entraîna dans la mort la majorité de l’équipage et des soldats transportés. Il avait 21 ans et était fiancé à Paulette Giot.

               110710 (042)

                  Jacqueline LETERTRE  soeur de Paul , Marie-Paule FENOULIERE, fille de Charles  et

                  Gyslaine FOULON, nièce de Paul  

Jean Louis Marcourel délégué de l'association Aux marins  pour le département de la Manche  et apparenté aux familles des disparus rend hommage à la mémoire de Charles Fenoulière.

 

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"Charles  Fenoulière est né le 6 mai 1923 à Maupertus-sur-Mer dans la Manche où son père, Pierre , exerce le métier d’ouvrier agricole et sa mère, Marie Louise  celui de ménagère.

Le petit Charles n’a qu’un an quand sa mère décède en 1924.  Il sera alors élevé par la seconde épouse de son père, Clémentine Le Brun. A la suite du décès de son père, alors qu’il n’a que 11 ans, Charles est adopté par la nation le 30 octobre 1934.

Il passe son enfance dans le Val de Saire (communes de Maupertus et de Bretteville-en-Saire). A 18 ans, en 1941, il devient marin pêcheur, inscrit maritime  au quartier de Cherbourg, et embarque sur le « Quo Vadis ».

Le 16 mars 1942, il épouse à Saint-Vaast-la Hougue, Marie-Thérèse Galopin. De cette union naîtront six enfants, dont Marie-Paule, petite dernière, qui ne connaîtra jamais son père.

A l’âge de 22 ans, en mai 1945, Charles rejoint le 1ér dépôt à Cherbourg afin d’y effectuer son service militaire et sera affecté comme matelot sans spécialité dans les bases aéronautiques navales  d'« Arzew » puis de « Lartigue » en Algérie.

Démobilisé en mars 1946, il rejoint sa famille à Cherbourg  et reprend son activité de marin pêcheur. Suivent divers embarquements, puis  deux années à terre à s’occuper des engins portuaires. A partir de juin 1949, Charles repart naviguer sur les chalutiers « Jeanne d’Arc », « Bellatrix » et « Cachalot ».

Depuis octobre 1950, c’est en tant que matelot mécanicien, que Charles est embarqué à bord du  « Cachalot » quand, dans la nuit du 3 au 4 février 1951, alors qu’il est en pêche près des côtes anglaises, le chalutier  disparaît corps et biens, victime d’une mine.

Le chalutier entraîne avec lui, à jamais dans les flots, Charles ainsi que les six autres membres de l’équipage. Charles avait 27 ans"

           Dévoilement des photographies  des deux marins par leurs familles; 

           110710 (037) 110710 (032)

                     Jacqueline LETERTRE, soeur de Paul                  Marie-Paule FENOULIERE, fille de Charles            

 

 

 

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Lundi 14 janvier 2013 1 14 /01 /Jan /2013 09:33

Un peu d'histoire

Dans la mythologie romaine, Pluton et ses deux frères, Jupiter et Neptune, renversèrent leur père, Saturne. Ils se partagèrent alors le monde : Jupiter choisit la terre et les cieux, Neptune, la mer, et Pluton le monde souterrain pour devenir le dieu des morts. Pluton eut pour épouse Proserpine (Coré ou Perséphone) qu'il enleva de la terre pour en faire la reine des enfers. Il correspond dans la mythologie grecque au dieu Hadès. On met sur le compte de Pluton, les tonnerres qui grondent pendant la nuit.

Pluton, est aussi le nom donné au corps céleste découvert en 1930, considéré alors comme la neuvième planète du système solaire.

 Le croiseur mouilleur de mines Pluton 

Sur le modèle du HMS Adventure de la Marine britannique, entré en service au début des années 1920, la Marine nationale décide en 1925 de construire un croiseur mouilleur de mines rapide. Plus petit et plus rapide que l’Adventure, le Pluton pouvait être utilisé en tant que transport de troupe (jusqu'à mille hommes). Les côtés des hangars à mines normalement ouverts, pouvaient être fermés par des panneaux.

Ses caractéristiques étaient :

  • Longueur : 152, 5 m
  • Tirant d’eau : 5, 18 m
  • Déplacement : 4 773 t – 6 500 t (port en lourd)
  • Puissance : 57 000 ch
  • Vitesse : 30 nds

Son armement comprenait 4 canons de 138 mm, 10 canons AA de 37 mm, et pouvait transporter 220 à 270 mines.

 

Son rayon d’action était de 4 510 nautiques à 14 noeuds.

  

0-Symbole du Pluton Construit par l’arsenal maritime de Lorient, à partir  de  1928, il est armé le 25  janvier 1932 et entre en  service  dans la flotte méditerranéenne. Mais il doit subir à  l’arsenal de Toulon  des modifications, tant au niveau des  machines  que du côté du système d’armes, durant les  années  de 1933 à  1935,  et sa dernière phase de  réparation comprenant divers travaux sur  les machines et  les canons se déroule de novembre  1938 à février1939.

Symbole du Pluton (source internet)                                                 

 

1-Le Pluton 1

       Le croiseur mouilleur de mines Pluton (source internet)

 Le Pluton dans la guerre 

La guerre s'annonçant , le Pluton est de nouveau transformé en mouilleur de mines. Il est Intégré, à l’été 1939, dans une escadre de Brest alors que dans un premier temps, transféré à Lorient, en mai 1939, il était destiné à remplacer le croiseur Jeanne d’Arc dans son rôle de bâtiment école.

Au début des hostilités, par des renseignements britanniques, l’Amirauté française croit savoir que les croiseurs de bataille allemands ont pris la mer pour opérer en Atlantique et qu’une attaque des côtes marocaines n’est pas à exclure. Dans cette optique, le Pluton reçoit l’ordre d’appareiller pour établir un champ de mines défensif, notamment contre sous-marins, en certains points du littoral devant les côtes du Maroc. Il part de Brest, en compagnie de la force Raid, le 2 septembre, à 20h00, avec 125 mines Bréguet embarquées à son bord. Arrivé à Casablanca, le 5 septembre, après avoir quitté son escorte, le Pluton, amarré à la jetée Delure, doit se tenir prêt à mouiller ses mines à partir de la nuit du 11 au 12 septembre. Cependant, les cuirassés allemands, repérés à leur mouillage habituel, ne semblent pas appareiller vers les côtes d’Afrique du nord. Dans ces conditions, l’amirauté rappelle l’escadre de l’Atlantique et donne l’ordre au Pluton de débarquer ses mines et ne faire qu’un simulacre de mouillage. En conséquence, le Commandant de la Marine au Maroc, le contre-amiral Sable, donne l’ordre de commencer, le 13 septembre au matin, le débarquement des mines.

L’accident du Pluton 

Le débarquement des mines commence à 10h30 sous la direction du capitaine de vaisseau Dubois, commandant le Pluton, et sous la surveillance directe du lieutenant de vaisseau Le Cloirec, chef du service armes-sous-marines de ce bâtiment.

A 10h40, une longue flamme jaillit brusquement du pont arrière, accompagnée d’une forte détonation. Le Pluton est immédiatement enveloppé d’un immense nuage de poussière et de fumée. Une deuxième explosion se produit quelques secondes plus tard ; le pont s’ouvre en entier, un violent incendie se déclare. Les morts sont nombreux, tant sur le Pluton que sur les bâtiments navires avoisinants. Le mazout se répand sur l’eau et s’enflamme. La détonation est entendue à une très grande distance. La déflagration est telle que de nombreuses vitres sont brisées en ville et sur d’autres bâtiments de la Marine, distants de 1 000 mètres environ. Les toitures des magasins du port sont enlevées.

 2-Le Port après explosion 2

         Le port après l’explosion (collection Norbert Renaut)

 

L’ordre est donné aux 12 sous-marins présents d’appareiller à 10h53

A 10h55, le Pluton s’incline sur bâbord et coule lentement.

A 11h07, l’entrée du port est interdite par signal à tout navire.

A 11h15, le bâtiment endommagé repose entièrement sur le fond.

 3- Le Pltuon sur le fond

       Le Pluton repose sur le fond (source internet)

 

La perte du Pluton par l’explosion de ses mines cause également la perte de petits bâtiments  de voisinage.

 4-Port Casablanco explosion 3

                   Le port de Casablanca après l’explosion (collection Norbert Renaut)

Les témoignages visuels 

Du navire polonais L’Iskra

Un équipage de cadets d’un canot du navire polonais L’Iskra, naviguant à l’aviron, à environ 150 m par le travers du Pluton observe 3 phases :

  • Une première explosion entre la cheminée arrière et le mât arrière,
  • Puis très proche, l’inflammation d’une embarcation accostée à l’arrière,
  • Une grande détonation faisant sauter l’arrière du navire entre la passerelle arrière et le  pont supérieur.

Après l’accident une vedette de L’Iskra se rend sur l’arrière du Pluton et sauve 3 hommes blessés, l’un se débattant dans l’eau, l’un dans une embarcation accostée à l’arrière et le dernier sur la passerelle de la plage arrière.

L’Iskra appareille presque aussitôt et recueille 19 blessés réfugiés sur la jetée (dont 6 grièvement). Les premiers soins sont donnés par le médecin de L’Iskra bientôt rejoint par 3 médecins de la Marine française.

Rapport du lieutenant de vaisseau Le Cloirec

« Lorsque l’explosion se produisit sur l’arrière, je me trouvais occupé en compagnie du quartier-maître électricien Duez à préparer le débarquement des mines par la grue B. J’eus le temps de voir, avant de tomber, la chute du mât arrière. Je revins à moi entre la cheminée AV et le roof AV. Je m’occupais de canaliser les hommes qui sortaient valides ou blessés de toute part. je fis évacuer le pont des mines sous la direction du maître canonnier Commandre qui montra à cette occasion beaucoup de calme et de sang froid. Je passai à mon tour sur le quai pour tenter de téléphoner près du hangar 10 pour hâter les secours. Je rencontrai le chef d’état-major du commandement de la Marine au Maroc qui m’assura que les ambulances et le personnel médical arrivaient. Je revins à bord et aida au transport des blessés pour les mettre à l’abri d’une nouvelle explosion. En revenant sur le terre plein, je vis sauter un des parcs à munitions. Plus tard, sur le conseil des médecins militaires, je me fis transporter à l’hôpital pour me faire panser ».

Rapport de l’ingénieur-mécanicien principal Cantel, chef du service machines

Outre les circonstances de l’accident, cet officier mentionne les pertes importantes subies par le personnel du service-machines et le dévouement remarquable de certains marins.  

Les causes de l’accident 

Selon les conclusions de la commission d’enquête, écartant les hypothèses d’une attaque sous-marine ou d’un attentat criminel, l’accident a été provoqué par une explosion accidentelle d’une mine, au cours du désamorçage.

Les instructions en vigueur, édictées par l’Etat major de la Marine, et les Directions Techniques du domaine, prévoient que « chaque fois que cela est possible, l’embarquement et le débarquement des mines se font directement sans passer par l’intermédiaire d'un bugalet (sorte de chaland) ». Tel était le cas du Pluton, minimisant ainsi les dangers de manipulations des mines. En outre, avant leur débarquement, les mines devant être désamorcées, à bord.

En conséquence, il est vraisemblable que c’est au cours du désamorçage d’une mine que la première explosion se produisit, la seconde ayant été provoquée « par influence ».

Conclusion 

 La responsabilité du personnel du Pluton et notamment de son Commandant, n’est pas en cause ; ni celle du Commandant de la Marine au Maroc qui avait pris toutes les dispositions de sécurité (police sur le quai de débarquement, manipulation à terre des mines débarquées).

Des progrès sont à faire sur le matériel des mines, mais ces engins resteront toujours, par leur nature même, délicates à manipuler.

Les pertes en vies humaines 

Par un courrier daté du 19 septembre 1939, le capitaine de frégate Benac, Commandant en second du Pluton adresse son rapport au contre-amiral, Commandant la Marine au Maroc.

Dans ce rapport, il ne peut donner avec exactitude l’effectif du nombre des présents à bord. La situation du bâtiment en personnel était la suivante :

  •       Officiers : 17
  •        Equipage : 494
  •        Hospitalisé à terre : 1

Soit un total de 512 ; cependant, il certifie que le total de l’équipage ne dépassait pas 497.

Par un courrier daté du 8 décembre 1939, la Direction du Personnel Militaire de la Flotte (bureau des équipages) donnait au Contrôleur Général, chef de la section administrative du cabinet du ministre de la Marine, la liste nominative du personnel officier et non officier disparus lors de l’explosion du croiseur mouilleur de mines Pluton. Cette liste comprenait 9 officiers, dont le Commandant, et 162 officiers-mariniers, quartiers-maîtres et matelots « présumés disparus ».

Par un courrier daté du 6 décembre 1956, le capitaine de vaisseau Rostand, chef du service historique, faisait un rappel historique de la perte du Pluton à l’attention du Médecin Général, Directeur de l’école principale du Service de Santé de la Marine de Bordeaux. Le constat des pertes en vies humaines était le suivant :

Sur le Pluton :

  • ·        Officiers : 10 tués ou disparus, 2 blessés sur 17 officiers
  • ·        Equipage : 186 tués ou disparus, 73 blessés, sur 497 hommes.

Parmi le personnel du Centre de la Marine au Maroc :

  • ·        1 officier tué, 1 blessé
  • ·        19 hommes tués ou disparus, 29 blessés

En outre, un officier polonais, embarqué sur le torpilleur polonais Wilja, amarré dans le port a également été blessé.

Une note de synthèse sur le drame du Pluton, établi par M. Norbert Renaut, fils d’un tué, le quartier-maître mécanicien Auguste Renaut, donne une liste nominative du personnel officier et non officier disparu lors de l’explosion du Pluton. Cette liste comprend 9 officiers, dont le Commandant, et 173 membres de l’équipage.

 Les disparus du Pluton sont les premiers marins morts pour la France de la seconde guerre mondiale.

 

Le cimetière Ben M’Sick à Casablanca 

Tous les marins de la dernière liste ci-dessus sont enterrés au cimetière de Ben M’Sick à Casablanca, en compagnie des autres marins du torpilleur La Railleuse qui coula dans le port le 23 mars 1940.

Pour ce qui concerne les marins du Pluton, la plupart des inscriptions sur les tombes portent la mention « INCONNU LE PLUTON MORT POUR LA FRANCE  le 13. 09. 1939 ».

Ces tombes sont très bien entretenues par le Souvenir Français.

 5-Tombe Auguste Renaut

                     Une tombe, parmi d'autres, des disparus du Pluton - Serait-ce celle d'Auguste Renaut d'après les indications de son fils, Norbert Renaut - (collection Norbert Renaut) ?

 

 

 

  Les marins du Pluton au cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu

  Les photographies des 13 marins suivants sont apposées sur les parois des cryptes du cénotaphe, partie intégrante du Mémorial national des marins morts pour la France situé à la pointe Saint- Mathieu (Plougonvelin – Finistère) . Leur histoire  peut être consultée sur le site internet de l'Association Aux marins www.auxmarins.net rubrique Les Marins.

Liste OK3

Afin de permettre d'honorer la mémoire des autres marins du Pluton, leurs familles sont priées de contacter l'association Aux marins (assauxmarins@orange.fr) ou 02 98 38 07 79.

 

Georges Kevorkian

Responsable commission Recherches historiques de l'Association Aux marins

 

 

Sources 

Divers sites sur internet relatifs au croiseur mouilleur de mines Pluton

Dossier remis à l’association Aux Marins par M. Norbert RENAUT

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