L'association "Aux Marins" assure le rayonnement du Mémorial National des Marins Morts pour la France à Plougonvelin (29).
5 Juin 2026
Paule BRETON, responsable du pôle "le marin", a retracé l'histoire de la Marine Nationale, dont nous célébrons le 400e anniversaire.
LES 400 ANS DE LA MARINE
La Marine Française n’a pas attendu le XVIIe siècle et le cardinal de Richelieu pour exister, de grands marins ont fait voguer sur les mers des bateaux au service de la France :au XIII siècle , ,un grand marin, Jean de Vienne, organise la marine sous Charles V, au XVIe siècle , mandaté par François 1er , Jacques Cartier atteint les rives du Saint Laurent dans une contrée qu’il appellera le Canada. Mais ce n’est qu’au début du XVIIe siècle, en 1626, que, par l’édit de Saint-Germain, le cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII l’instituera. Il affrontait en effet à cette époque le siège de la Rochelle, ville rebelle soutenue par les Anglais. Selon lui « La première chose à faire est de se rendre puissant sur la mer qui donne entrée à tous les états du monde. » C’est sous son action puis celle de Colbert, premier secrétaire d’Etat à la Marine de Louis XVI, en1669 que la marine va veiller à la fois sur la navigation, le commerce et les moyens d’en assurer la sécurité qui vont être l’œuvre de Vauban. Le XVIIe siècle est marqué par la création de la Compagnie des Indes qui assurera le commerce avec les concessions, car le ministère de la Marine ne se limitera pas à La flotte de guerre. Elle permettra la création du premier empire colonial français et l’essor du commerce transocéanique.
A la fin du XVIIe siècle, la France est la première puissance maritime de son temps où s’illustreront Duquesne Tourville, les corsaires Jean Bart, Dugay Trouin. Mais les conflits terrestres font que le royaume n’a plus les moyens de ses ambitions maritimes et à la fin du règne de Louis XIV, l’Angleterre s’affirme en mer et la France perd son premier empire colonial, perte de la Louisiane en 1760, en 1763 le Quebec.
Durant la seconde partie du XVIIIe siècle, la Marine connaît un renouveau sous l’impulsion de scientifiques comme Bougainville, la Pérouse et de militaires, Suffren, De Grasse, ces deux grands marins vont s’illustrer dans les combats de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis, la bataille de Chesapeake à laquelle participe De Grasse est décisive, les Etats-Unis sont nés.
Survient la Révolution, la Marine perd de nombreux officiers qui émigrent craignant pour leur vie. La priorité est donnée à la situation terrestre du pays sous la menace des puissances voisines, elle connaît alors un des bas de son histoire. Toutefois de célèbres marins s’illustrent à cette époque : Surcouf, La Touche Treville.
Sous le Directoire et l’Empire, Napoléon, malgré ses succès sur terre, après deux lourde défaites contre les Anglais à Aboukir (1798) et Trafalgar (1805), décide d’affaiblir la Grande -Bretagne et instaure un blocus en 1806, c’est un échec et le signal d’un déclin de l’Empire . Par la suite un rapprochement se fera entre les deux marines lors de la guerre de Crimée.
La Seconde partie du XIXe siècle connaît la Révolution industrielle, les découvertes vont contribuer à la modernisation de la Marine, elle va peu à peu abandonner la voile pour la vapeur, la France est pionnière dans ce domaine, les cuirassés apparaissent sur les mers. Sous le Second Empire et le début de la 3e république, la marine est à son apogée et va permettre la création d’un second empire colonial en Afrique et en Asie. Elle va être un outil essentiel de la politique étrangère du pays : l’ Entente Cordiale entre la GB et la France marque l’apaisement des rivalités entre les deux nations, l’Alliance Franco-Russe est également signée face au Reich impérial.
Le Narval, premier sous-marin, va marquer une nouvelle étape dans la modernisation de la Flotte en 1899. Mais à la veille de la 1ere Guerre mondiale, la Marine française est encore composée de bâtiments anciens même si les équipages sont bien entraînés. Les marins vont combattre en mer mais aussi sur terre, les fusiliers marins et les canonniers de l’Amiral Ronarc’h vont s’illustrer en Belgique en 1914. Dans les airs commence à prendre de l’importance, l’aéronavale présente sur les champs de batailles de la guerre tranchées. Retournement de l’histoire, Anglais et Français se battront ensemble sur le sol français et aussi aux Dardanelles.
Puis éclate la seconde guerre mondiale, la flotte française est alors la 4e du monde. Un programme de construction est en cours, le but étant d’être à même de combattre la Kriegsmarine et la marine Italienne. La Royal Navy et la Marine Nationale coopèrent au début du conflit en prenant part à l’expédition de Namsos en Norvège, à l’évacuation de la poche de Dunkerque. Mais à cette date, la marine française se divise, une partie obeit au gouvernement de Vichy et à l’amiral Darlan, l’autre suit le général de Gaulle et rejoint les FNFL sous l’autorité de du vice- amiral Muselier Les attaques fratricides de Mers el Kebir et de Dakar voit des Français s’affronter et affronter des alliés. La majorité de la Marine est fidèle au gouvernement de Vichy mais le 27 novembre 1942, le Reich envahit la zone libre et envisage de prendre le contrôle de la flotte stationnée à Toulon l’Amirauté du régime de Vichy ordonne le sabordage de la flotte qui sera un traumatisme pour beaucoup de marins.
A l’issue du conflit, tout est à reconstruire la flotte comme les bases. Grâce à un effort national mais aussi à l’aide de l’OTAN le réarmement du pays est réalisé alors que la marine va devoir affronter des conflits coloniaux en Indochine d’abord jusqu’en 1954, puis en Algérie jusqu’en 1962, conflits au cours desquels la Marine paiera un lourd tribut une fois encore. Une fois la flotte conventionnelle reconstruite, la Marine va donner la priorité à la dissuasion nucléaire, par ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et son porte-avions. Puis vient l’ère des Opex, la multiplication des opérations extérieures marquées par l’utilisation de l’aéronavale, qui oeuvrent à la liberté des mers.
(Source : https://www.defense.gouv.fr/)
Nous avons choisi d’honorer 7 marins dont les portraits figurent sur les murs du Cénotaphe à la demande de leur famille.
Bien difficile de choisir parmi ces hommes qui ont tous donné leur vie pour notre pays, alors on dira qu’ils représentent tous les marins qui sont morts au cours des conflits qu’a connus notre pays.
Chaque portrait revêtu du drapeau tricolore est positionné devant la stèle.
Pour chaque marin, à l’annonce du nom, le portrait est dévoilé avant la lecture de la biographie.
Le résumé lu par chaque intervenant fait l'objet d'un fichier téléchargeable, ainsi qu'un lien direct vers la biographie complète sur le site internet de l'association.
Charles René MAGON dit DE MEDINE
Le premier marin mis à l'honneur est Charles René Magon dit de Médine a traversé l’histoire agitée de la fin du XVIIIe siècle et l’Empire. En effet il a servi la royauté, la révolution et l’empire. Sans doute a-t-il eu la vie sauve grâce aux campagnes lointaines qu’il a menées dans l’océan Indien.
Marie-Claire BRANDEL, rédactrice à l'association "aux marins" donne lecture de son récit de vie (à télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous) :
Ci-dessous, lien vers la biographie complète de Charles René MAGON :
Guillaume MARTEVILLE
Le second marin que nous honorons, Guillaume Marteville, a 16 ans quand éclate la Première Guerre mondiale, il intègre la Brigade des fusiliers marin de l’amiral Ronarc’h et va rejoindre l’Yser pour soulager l’armée belge sous les feux des Allemands. C’est en combattant dans le secteur de Nieuport que Guillaume perd la vie le 30 Janvier 1915, il n’a pas encore 17 ans.
Annick CHARPENTIER, rédactrice à l'association "aux marins" donne lecture de son récit de vie (à télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous) :
Ci-dessous, lien vers la biographie complète de Guillaume MARTEVILLE :
Honoré d’ESTIENNE d’ORVES
Honoré d’Estienne d’Orves compagnon de la Libération, a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la Resistance, par sa mission, par sa personnalité, par son humanisme.
La petite-fille d'Honoré a raconté avec une voix empreinte d'émotion :
Extrait du poème d’Aragon « La Rose et le Réséda » paru dans « la Diane Française » qui fait allusion à Honoré d’Estienne d’Orves, « celui qui croyait au ciel » et à Gabriel Péri, « celui qui n’y croyait pas » :
« …Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres, du cœur, des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra »
Ci-dessous, lien vers la biogaphie complète de Honoré d’ESTIENNE d’ORVES
François Drogou
Compagnon de Libération, il a rejoint au Cénotaphe son pays de naissance. Nommé commandant du sous-marin le Narval en février 1940, il rallie le général de Gaulle. Il disparaît à bord de son bâtiment en décembre 1940 entre la Tunisie et Lampedusa.
Antoine DROGOU, petit-fils de François, donne lecture de son récit de vie (à télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous) :
Ci-dessous, lien vers la biographie complète de François DROGOU :
BIOGRAPHIE DE FRANCOIS DROGOU
Jean Paumier
Jean vient de se marier en août 1953 , mais la bataille fait rage en Indochine à Dien Bien Fu de sinistre mémoire. Sa jeune épouse ne le reverra plus. C’est elle qui a la force d’évoquer les moments terribles qu’elle va connaître.
Nicole AGEA, la femme que Jean avait épousé le 8 août 1953, lit la biographie de son marin disparu :
Ci-dessous, lien vers la biographie complète de Jean PAUMIER :
Mémorial national des marins morts pour la France
https://memorial-national-des-marins.fr/marin/7258-paumier-jean.html
BIOGRAPHIE DE JEAN PAUMIIER
Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello
On ne peut qu’unir dans le même éloge, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, ces deux jeunes gens qui vont perdre la vie pour sauver celle des autres. Premiers maîtres tous deux , leur disparition tragique résonne encore en nous qui les avons honorés au cours d’une cérémonie émouvante en présence de leur famille il y a peu.
Denise BOURVEN, rédactrice à l'association "aux marins" donne lecture de son récit de vie (à télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous) :
Ci-dessous, liens vers les biographies complètes de Cédric DE PIERREPONT et Alain BERTONCELLO :
BIOGRAPHIE DE CEDRIC DE PIERREPONT
BIOGRAPHIE DE ALAIN BERTONCELLO
Les hommages rendus aux 7 marins qui viennent de s'achever illustrent la permanence de l'engagement des marins français au service de la Nation.
À la lecture de leurs biographies, une émotion profonde s’impose : celle du respect et de la reconnaissance envers ces hommes courageux, dont l’engagement et le sacrifice dépassent le temps.
Chaque histoire révèle non seulement leur bravoure, mais aussi leur humanité, leur attachement à la patrie et aux valeurs qu’ils ont défendues jusqu’au bout.
C’est un hommage chargé d’émotion, un rappel vibrant de ce que signifie donner sa vie pour la liberté et la paix, et une invitation à ne jamais oublier ces héros silencieux.
TRANSMISSION DE LA FLAMME DE LA NATION A L'ECOLE DE MAISTRANCE
A l'issue de la cérémonie, René STEPHAN, Président de l’association aux Marins, a confié à l’Ecole de Maistrance, la Flamme pour qu'elle soit ravivée au CIN, durant une semaine, et restitué lors de la Présentation Aux Drapeaux prévue le 6 juin 2026 :
"Cette Flamme sacrée qui brille devant nous, comme cela a été dit est conservée symboliquement, en ce lieu de mémoire, depuis 2008. Elle a été allumée le 11 novembre 1923 pour éviter que le soldat inconnu ne meure une seconde fois, victime de l’oubli et de l’indifférence. Elle brille pour un hommage au passé mais aussi pour un engagement pour l’avenir.
Cette Flamme, c’est la Flamme de la Nation, c’est votre Flamme, je la confie à l’Ecole de Maistrance, je vous la confie afin que vous la raviviez à l’instar de son ravivage par des personnalités ou par des associations, tous les jours, à 18h 30, sous l’Arc de Triomphe. Et que vous puissiez exprimer vos émotions, vos sentiments, vos pensées sur ce moment de mémoire."
DEVOILEMENT DES PLAQUES
A La suite de la cérémonie, une délégation s'est arrêtée au Musée 39/45 pour dévoiler 3 plaques en hommage aux Marins Morts pour la France de l'Aéronautique Navale, des Fusiliers Marins et des Commandos Marine.
Ces trois panneaux s'inscrivent dans le cadre du chemin de mémoire où les stèles rappellent les marins péris en mer.